Vannes, le 1 Octobre. 2026 ·
L’AFBE se rapproche des projets de terrain. Avec EDF, elle prépare une prime CEE pour l’achat de bateaux électriques.
Vannes, le 29 septembre 2026 — L’Association Française pour le Bateau Électrique (AFBE) a célébré ce mardi l’installation de son siège à Vannes. En présence de David Robo, maire de Vannes et président de Golfe du Morbihan – Vannes agglomération, adhérents, partenaires et acteurs économiques du territoire étaient réunis dans les locaux de Naviwatt, face au chenal, autour de Michel Nave, président de l’association. Alexandre SEUX (TEMO) vice-président en charge de la plaisance et Gildas OLIVIER (SWITCH) vice-président en charge des professionnels.
« Demain, nous serons l’une des références »
« Vous avez demandé à installer, sûrement pas par hasard, votre siège à Vannes, ce dont je me réjouis », a déclaré David Robo. Pour le maire, cette arrivée s’inscrit dans une aventure qui s’accélère depuis quelques mois : décarboner la navigation dans le golfe du Morbihan, autour d’une énergie locale et d’entreprises locales, quelles que soient leur taille, leur histoire ou leur ancienneté. « Des hommes et des femmes qui travaillent ensemble, c’est assez rare pour être souligné. On verra où cette aventure va nous mener. »
Il souhaite que Vannes soit identifiée comme un pôle national, où les entreprises qui ont besoin de grandir trouvent des locaux, des terrains et des investisseurs, « surtout les jeunes entreprises, qui ont besoin de gens qui les suivent et qui investissent ». « Voir une association, des entrepreneurs et des élus travailler main dans la main, sans difficulté, avec les services de l’agglomération, ça va plutôt vite. Il y a un écosystème. Demain, nous serons sans doute l’une des références, en tout cas la référence. »
Un redéploiement, pas un simple changement d’adresse
Créée il y a un peu plus de 30 ans par des pionniers de la mobilité électrique et des chercheurs, l’AFBE était jusqu’ici installée à Paris, près des institutions. « Nous avons la volonté de nous raccrocher au terrain : aux gens qui fabriquent des bateaux, des batteries, et à ceux qui naviguent », a expliqué Michel Nave. L’association recrute un délégué général pour porter ce redéploiement.
Le territoire réunit déjà des acteurs historiques de la motorisation électrique, comme Naviwatt, Temo, HYG Motors ou SWITCH. Et le marché bascule. « Sur les salons, à La Rochelle comme à Cannes, tous les constructeurs proposent aujourd’hui des solutions électriques ou hybrides. Quand on a commencé, c’était loin d’être le cas. » Selon lui, la voiture électrique a ouvert la voie : ceux qui en ont acheté une se tournent naturellement vers le bateau électrique.
Originaire de Montpellier, le président de l’AFBE connaît bien le golfe du Morbihan, où il a beaucoup navigué. C’est là qu’est né son intérêt pour la motorisation électrique. « Quand vous êtes à la voile, que vous vous arrêtez à l’île aux Moines pour la nuit et que vous vous réveillez à 6 heures au lever du soleil, il n’y a pas un bruit, on n’entend que les oiseaux. On n’a pas du tout envie d’entendre un moteur thermique. » Une attente qu’il retrouve chez les plaisanciers comme chez les professionnels.
« Paris, c’était bien. Mais les projets se passent souvent sur le terrain, et la politique aussi se crée dans les territoires. On a beaucoup plus de visibilité quand on se trouve dans une région », a souligné Yannick WILEVEAU, dirigeant de Naviwatt. Il s’est aussi félicité des liens déjà tissés entre les partenaires présents et des projets communs déjà engagés.
La Bretagne, terre d’expérimentation électrique
« La Bretagne est une terre d’innovation et d’expérimentation, en particulier sur l’électricité. C’est un bon choix de venir ici », a déclaré Jonathan MENES, délégué des affaires publiques du groupe EDF en Bretagne. Il a rappelé l’exemple de l’usine marémotrice de la Rance, qui fête ses 60 ans, l’une des toutes premières énergies marines renouvelables.
Pour EDF, la mobilité est un levier majeur de décarbonation. « Elle représente environ un tiers des émissions nationales, mais plus de la moitié du potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 », a-t-il précisé. Avec ses îles, ses liaisons maritimes, ses golfes et ses rades, la Bretagne offre un terrain naturel à l’électrification des bateaux.
Une prime CEE pour l’achat de bateaux électriques
L’AFBE et EDF travaillent ensemble à une prime à l’électrification des bateaux, financée par le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE). Le principe est comparable aux aides qui existent aujourd’hui pour la voiture électrique.
La fiche proposée vise en priorité les navires à passagers et les bateaux de servitude portuaire. Elle doit encore être validée par l’État. D’autres secteurs pourraient suivre, à commencer par la pêche, essentielle en Bretagne.
« Vous pouvez compter sur EDF en Bretagne, et plus largement sur le groupe, pour être à vos côtés dans les années qui viennent », a conclu le représentant d’EDF.
À propos de l’AFBE
Créée il y a plus de 30 ans, l’Association Française pour le Bateau Électrique promeut la motorisation électrique des bateaux et informe professionnels et particuliers sur ses avantages. Elle mène des études, comme l’analyse du cycle de vie complet d’un bateau électrique. Elle est à l’origine d’un article de la loi d’orientation des mobilités (LOM) réservant 1 % des places aux bateaux électriques dans les ports de plus de 100 places, et a contribué à la création de financements comme les fiches CEE.
Elle compte plus de 100 adhérents : architectes navals, bureaux d’études, chantiers, fabricants de moteurs et de batteries, armateurs. Présidée par Michel Nave, elle a son siège sur le port maritime de Vannes (Morbihan).
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